Il est particulièrement inquiétant de se dire que les langues comtoises risquent dans quelques années d'être définitivement rayées de la carte : que ce soit le franc-comtois ou le franco-provencal/arpitan. La politique présentant le français comme langue universelle et supérieure a mené a bien sa triste mission au quatre coins de l'hexagone : une tentative d'éradication de toutes les autres formes linguistiques pour imposer une seule langue unique.
La Franche-Comté a totalement tourné le dos à ses éléments culturels propres, les relayant à du folklore, du patrimoine passé ... Entièrement tournée vers Paris, la langue français accadémique, elle a peu à peu oublié de cultiver sa propre culture : entre honte et francisation forcée dans les écoles de la République sous prétexte d'une bonne éducation. Les langues comtoises tombées au rang de patois " des gentils comtois " n'a bientôt représenté qu'un cliché, une belle carte postale jaunie totalement dénigrée par les élites et intellectuels vantant les bienfaits de l'uniformisation. Les locuteurs eux même en venaient à être persuadés que cet oubli de leur culture était dans l'ordre des choses : mélange de promotion sociale potentielle et de "mission civilisatrice" d'une province qui ne parlaient "malheureusement" pas "la belle langue française". Encore beaucoup de personnes partagent ce point de vue et les mouvements et partis jacobins en font encore leur cheval de bataille qu'ils assimilent à une "lutte contre le communautarisme".
Pour faire le point sur la situation castastrophique du franc-comtois et de l'arpitan/franco-provençal en Franche-Comté, il est utile de comparer celle-ci à la situation des autres langues d'oil (langues de la même famille linguistique que le français et du franc-comtois). Celles-ci ont globalement souffert dans leurs territoires respectifs en étant plus facilement assimilées à des formes impropres face au français. Aucune des deux langues comtoises n'est enseignée dans les établissements scolaires de la région alors qu'en Bretagne le gallo dispose d'une épreuve optionelle pour le bacalauréat, que le wallon est enseigné. Le normand possède encore un certain dynamisme, notamment par les locuteurs des îles anglo-normandes. Enfin, le picard est possible comme langue optionelle au concours de professeur des écoles de Lille (visible sur ce document en PDF).
Aussi dérisoire que cela puisse paraitre, il est trés important et profitable que le franc-comtois, langue de la même famille que le picard, dispose à l'avenir de telles possibilités. Il est également trés important qu'il soit ouvert à l'enseignement pour les jeunes. Aboutir à cela nécessite une réappropriation de la langue qui passe par son étude et sa standardisation. Voir le franc-comtois ou le franco-provençal comme langues de la vie publique n'est pas d'actualité, mais celles ci peuvent être largement prises en compte dans une démarche culturelle et de réapropriation : c'est un élément culturel fondamental garant de la préservation de la culture comtoise et de la diversité globale. Une langue est une manière de penser : nos langues peuvent être un mode d'expression : littéraire, musical, ...
Il est évident que le français a sa place en Franche-Comté : cette langue représente depuis longtemps un élement de la culture qu'il est impossible à nier, mais elle ne doit plus représenter un obstacle aux langues d'origines et à leur sauvegarde. Le bilinguisme est reconnu comme trés positif au développement intellectuel des jeunes et la diversité culturelle n'est pas dangereuse ! L'apprentissage de nos langues n'est pas non plus une barrière à l'ouverture sur les autres cultures, d'Europe ou d'ailleurs.
Toutes les langues méritent de vivre car toutes représentent des richesses. Dans le Nord de la Franche-Comté, le franc-comtois peut suivre l'exemple du gallo et du wallon qui bien que fortement menacés possèdent encore une production culturelle propre. Le franc-comtois est bien une langue à part (une évolution autonome du latin avec des influences germaniques) : c'est également une langue de la même famille que le français ce qui ne remet pas en cause sa richesse et sa valeur.
Pour le franc-comtois, nous proposons :
Pour le franco-provençal, nous appelons les collectivités locales franc-comtoises à se mettre en relation avec leurs homologues des régions arpitanes pour le promouvoir en Franche-Comté : il faut réaliser que le franco-provençal fait partie de la culture originale et du patrimoine comtois : il faut que les élus ouvrent les yeux sur cette réalité et n'acceptent pas son extinction complète des esprits. Même si les locuteurs ont pratiquement disparu en Franche-Comté, la langue se parle encore au minimum dans la plupart des régions du domaine, des linguistes la défendent, l'étudient et la développent : une présentation de cette réalité culturelle peut être présente dans les écoles et on peut imaginer une promotion de cette culture. Le franco-provençal/arpitan est reconnu et protégé par la constitution italienne en tant que langue du Val d'Aoste (Région autonome). L'arpitan se doit d'être reconnu langue de Franche-Comté.
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