Identité comtoise
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Comité "NON à Vauban"

A l'heure du tricentenaire de l'anniversaire de la mort de Vauban, la municipalité de Besançon crée l'évènement pour saluer l'oeuvre de celui qui est connu pour avoir donné au royaume de France une "ceinture de fer".

De nombreuses manifestations vont ainsi rythmer l'année 2007 en l'honneur de "Vauban le stratège, l'économiste, l'inventeur, le philosophe, l'agronome, le penseur politique, l'urbaniste... et Vauban l'humaniste !"

Malgré toute la conviction de la municipalité de Besançon, cette vision idéaliste de Vauban est, au mieux, sujette à caution.

Affiche du Comité NON à Vauban

La Citadelle, une enfance... espagnole

Contrairement aux idées reçues, la Citadelle de Besançon n'est pas l'oeuvre du seul Vauban. Au-delà du fait qu'une citadelle est présente depuis deux millénaires sur le mont Saint-Etienne, la construction de la Citadelle - dans sa forme actuelle - débute alors que la Franche-Comté est encore espagnole, en 1668 (elle ne devient française que... 10 ans plus tard, lors de la signature du Traité de Nimègue). Avant que les armées françaises ne viennent porter la guerre sous les murs de Besançon, des architectes sont chargés par les Habsbourgs d'y édifier une Citadelle.

L'arrivée de Vauban

Siège de Besançon

Siège de Besançon de 1674

XVIIe siècle.
Pour la troisième fois en moins de 40 ans, la France tente de soumettre la Franche Comté, alors espagnole. Les armées françaises sont d'une violence inouïe. On compte près de 250 000 morts du côté des Franc-Comtois et "l'équivalent de dix Oradour-sur-Glane" (Bernard Clavel). Le 25 avril 1674, Vauban, à la tête des troupes à la Fleur de Lys, met le siège devant Besançon. "Le peuple a dressé des potences au coin des rues: le premier qui parlera de reddition sera pendu!" (Jean-Louis Clade).

Le 25 avril, l'investissement [de Besançon] commençait et le baron de Saint-Mauris, qui commandait, répondait aux sommations [des Français] qu'il se défendrait à toute extrémité. De fait, la résistance fut acharnée; les citoyens, multipliant les sorties, causèrent aux assaillants des pertes sensibles - et on jugea utile la présence même du roi qui arriva en personne, le 2 mai, devant la place. Dans la ville, le prince de Vaudemont, fils du duc Charles IV de Lorraine et de la belle comtoise Béatrix de Cusance, animait les habitants à la lutte; malgré des batteries installées à Chaudanne et à Brégille, et qui criblaient de boulets la citadelle et les maisons; malgré un assaut meurtrier à la porte d'Arènes qui dura de 10 heures du soir à 4 heures du matin - lorsque, le 14, le conseil de ville décida la capitulation, le menu peuple furieux se souleva violemment, demandant à continuer la lutte; et ce fut à grand'peine que le magistrat apaisa l'émeute. Le siège avait duré 21 jours; plus de 20 000 coups de canon avait été tirés. Le 22 mai, accablée par les batteries qui la dominaient, la citadelle se rendait à son tour. Besançon tout entier était aux Français.

Lucien Fèbvre

Une fois la ville tombée, Vauban est chargé de fortifier la place. Le rôle de la citadelle est bien sûr de cadenasser la boucle que forme le Doubs mais aussi - rôle plus méconnu - de surveiller la cité, volontiers turbulente dans une Franche-Comté encore très attachée à ses libertés.

Même s'il est indéniable de constater que la valorisation du patrimoine contribue ajourd'hui à l'essor touristique de Besançon, une question mérite d'être posée: Besançon doit-il rendre hommage et célébrer l'un de ses persécuteurs les plus meurtriers?


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