Lot nation dès bell'tès
Non pleu que celo des tsot
Ne veut point de ben ès rotès
Et sain lès pouatès étrètès
De leu-s-habitations,
Lo béte ot londze etsnot
En fèra, i m'imaginou
Dès grand destructions
I feu enn'annau
Qu'i gli'en ô ot foisoin
Leu roi qu's'oppelaiv' Rotopon
Met' en campagne enn' armée
Lès bell'tès, de leur rivot
Déplayéront le drapeau
S'on-s-en cra lot r'nommau
Lot victoire bolançot;
Ple d'on souma s'engraissot
Du sang de ple d'ennot bandot
Mais lot pardot lot ple grand
Tseuseu quaisi ot tous lès endra
Su l'peuple dès rotès
Sot déroute feu entîrot
Qua que pouyé faire Artapax
Psicarpax, Mériarpax,
Que tout cq' va de pussîre
Sout'niéront pre longtin
Les effoua dès combottan
Leu résistance feu padiot;
I failleu cédai u sort.
Tsècon s'encoureu u pl' foua
Tant souda que capitaine
Lès prince féront tui tuai.
Lot racaille, da dès patu,
Trouwot sot retraitot prètot...
Mais lès seigneur su leu tétot
Ovaison tsècon on plûmet,
Dès couanès eu ben dès plumotson...
Pou faire pouot et bell'tès
ça cousot leu malheur.
Patu, fentot, crevosse
Ne feu lardzou pre pou la;
Mais lot pôpulace
Entraive da lès ple p'tès creux.
Lot pl' grand dèfaîtot
Feu donc dès pl' grossès rotès,
Ennot tétot empanatchot
N'es pai on p'tèt embarras...
La nation des belettes,
Non plus que celle des chats,
Ne veut aucun bien aux rats;
Et sans les portes étroites
De leurs habitations,
L'animal à longue échine
En ferait, j'imagine,
De grandes destructions
Or, une certaine année
Qu'il en était à foison,
Leur roi, nommé Ratapon,
Mit en campagne une armée,
Les belettes, de leur part,
Déployèrent l'étendard.
Si l'on en croit la renommée,
la victoire balança:
Plus d'un guéret s'engraissa
Du sang de plus d'une bande.
Mais la perde la plus grande
Tomba presque en tous endroits
Sur le peuple souriquois.
Sa déroute fut entière,
Quoi que pût faire Artapax,
Psicarpax, Méridarpax,
Qui tout couverts de poussières,
Soutinrent assez longtemps
Les efforts des combattants.
Leur résistance fut vaine;
Il fallut céder au sort:
Chacun s'enfuit au plus fort,
Tant soldat que capitaine.
Les princes périrent tous.
La racaille, dans des trous
Trouvant sa retraite prête...
Mais les seigneurs sur leur tête
Ayant chacun un plumail,
Des cornes ou des aigrettes
Soit afin que les belettes
En conçussent plus de peur,
Cela causa leur malheur.
Trou, ni fente, ni crevasse,
Ne fut large assez pour eux;
Au lieu que la populace
Entrait dans les moindres creux.
La principale jonchée
Fut donc des principaux rats;
Une tête empanachée
N'est pas petit embarras...
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